midiDepuis 2006, ADA, avec le soutien de ses partenaires, organise le Midi de la microfinance, une conférence-débat d'une heure consacrée à un sujet actuel de la microfinance et de la finance durable. En ligne ou en présentiel, l'évènement est ouvert gratuitement à tout le monde qui souhaite y participer. Il suffit de vous inscrire en ligne.




56e Midi de la microfinance et de l'inclusion financière 

Impact et transparence : de l’intention à la mesure

56e Midi de la microfinance

Jeudi 6 octobre à la Banque de Luxembourg s’est tenu un panel sur la mesure d’impact et la transparence dans le secteur de l’investissement.

De l’intention à la mesure : la nouvelle feuille de route des investisseurs d’impact
Les exigences de transparence envers le secteur financier sont de plus en plus fortes. En témoigne l’émergence récente de la taxonomie verte européenne, qui contraint désormais les acteurs financiers et non-financiers à des obligations de reporting extra-financiers pour pouvoir distinguer les investissements durables des autres, dans l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. 

Il est vrai que la valeur d’un investissement ne se limite plus aujourd’hui à la seule question de rendement. De plus en plus d’investisseurs veulent faire en sorte que leur activité ait un impact environnemental et social positif sur la société et les populations. Mais encore faut-il avoir les ressources, les méthodologies et les outils adéquats pour être capables de mesurer l’impact réel des investissements, au-delà de la simple intention de générer un impact.

Aujourd’hui, la diversification des investissements est telle qu’il n’existe encore pas d’indicateurs clairs pour chaque secteur, pourtant indispensables pour garantir aux clients une vision claire et transparente sur l’impact de leurs investissements. L’occasion également de rappeler que près d’un tiers des fonds d’investissement en finance inclusive, représentant plus de 50 % de l'ensemble des actifs gérés, sont aujourd’hui domiciliés au Luxembourg.

Mais s’il reste encore des efforts à fournir, le processus est en marche, comme nous l’expliquent les orateurs de ce Midi de la microfinance. La table ronde, animée par Perrine Pouget, chargée de responsabilité sociale et environnementale à la Banque européenne d’investissement, a permis d'entendre les points de vue de Safeya Zeitoun, co-gérante et responsable des solutions d'impact de l'organisation suisse Tameo Impact Fund Solutions, filiale du fonds Symbiotics ; Jurgen Hammer, responsable du centre européen de SPTF (Social Performance Task Force) qui partage les bonnes pratiques sociales et environnementales du secteur de la finance inclusive ; et Mathilde Bauwin, responsable en gestion des connaissances chez l’ONG luxembourgeoise ADA.

La mesure d’impact appliquée à la finance inclusive
La finance inclusive, venant depuis ses origines dans les années 1970 avec la double promesse de rentabilité financière et d’une amélioration des conditions de vie de ses clients, a été le premier secteur à définir des bonnes pratiques et standards communs à tous ses acteurs pour mesurer un impact positif de ses investissements, en particulier un impact social et environnemental. A l’origine de ces standards, la Social Performance Task Force (SPTF), créée en 2005 et qui bénéficie depuis 2019 du soutien du gouvernement luxembourgeois pour l’implémentation. « Harmoniser, c’est être transparent », précise Jurgen Hammer, qui ajoute que « tout un secteur s’est mis d’accord pour définir et mesurer la performance sociale et environnementale autour de normes communes, ce n’est pas rien. ».

La tendance dans l’investissement d’impact est à la standardisation
Depuis les premiers travaux sur la gestion de la performance sociale de la SPTF, les exigences se sont renforcées. Safeya Zeitoun, co-gérante de Tameo Impact Fund Solutions, a livré sa vision du secteur de l’investissement d’impact : « Nous avons mené une enquête auprès de 190 fonds d’impact dans l’industrie privée qui utilisent différents instruments. Cette enquête a livré des résultats et a montré que la tendance était à la standardisation. Les investisseurs en microfinance sont généralement avancés dans leurs processus de gestion ESG et d'impact. Plus de 90 % prennent en compte les considérations ESG et d'impact à la fois dans leur processus de prospection et de décision d'investissement, et contrôlent et reportent leurs performances d'impact au moins une fois par an. ». L’enquête a notamment permis d’identifier les processus et standards que les investisseurs utilisent aujourd’hui et a révélé certaines tendances entre toutes les thématiques de l’investissement d’impact comme le climat, l’agriculture ou justement la finance inclusive. 
Et comme le souligne Mathilde Bauwin de ADA : « Les processus de mesure et de vérification évoluent, justement pour répondre aux intentions initiales des investisseurs qui souhaitent investir dans des activités censées avoir un impact positif. »

Le défi de la standardisation des indicateurs d’impact
Si les processus de mesure d’impact semblent évoluer dans le bon sens, le manque de standardisation reste un challenge. « Il faut se poser la question de comment peut-on standardiser dans un monde où les instruments sont très variés, dans des thématiques très différentes. Est-ce même vraiment faisable de standardiser des indicateurs ? », s’interroge Safeya. « Chacun a des défis à relever à son échelle », ajoute-t-elle.

Accompagner pour maximiser l’impact : la valeur ajoutée des acteurs du développement comme ADA
L’ONG luxembourgeoise ADA vient en complément des investisseurs d’impact avec un objectif commun, celui de montrer que la finance inclusive a un impact positif. Plus précisément, ADA accompagne des acteurs de terrain en finance inclusive non seulement pour mesurer l’impact, mais aussi pour s’assurer que ces résultats ont un réel effet sur la vie des clients de la finance inclusive, au-delà du simple reporting. « C’est un processus délicat à mettre en place qui nécessite un accompagnement sur le terrain », précise Mathilde Bauwin.
« D’autres acteurs comme les gouvernements, banques de développement, institutions financières et ONG spécialisées dans le développement proposent également ce travail d’accompagnement », complète Jurgen Hammer de la SPTF. Un certain nombre d’initiatives concrètes sur le terrain témoignent effectivement de l’action des gouvernements. « Nous avons mis en place depuis plusieurs années trois facilités régionales, appelées Responsible Inclusive Finance Facility (RIFF), qui visent à renforcer les pratiques de gestion de performance sociale, y compris les pratiques de protection des clients », ajoute-t-il. « Ces facilités sont financées par l'Agence française de développement, la Direction suisse de la coopération et du développement et le gouvernement du Luxembourg ainsi que la Banque européenne d'investissement. ».

Alors que les investisseurs d’impact se rassurent, car si le chemin vers la standardisation est encore long, tout est mis en œuvre pour aller dans la bonne direction.


Orateurs :

Safeya

 

Safeya Zeitoun, Co-CEO et responsable des solutions d'impact - Tameo (Suisse)

Safeya Zeitoun bénéficie de plus de 6 ans d’expertise dans l’évaluation de l’impact social et environnemental des investissements étant donné son expérience chez Symbiotics SA, un gérant de fonds spécialisé dans le domaine de l’impact. Durant cette expérience, Safeya a également contribué aux initiatives du secteur en matière de gestion des performances sociales. Auparavant, elle était chercheuse au « Access to Knowledge for Development Center » de l’Université américaine du Caire. Safeya est titulaire d’un Master en Economie Internationale de l’Institut de Hautes Etudes Internationales et du Développement de Genève (IHEID) et d’une Licence en Economie de l’Université américaine du Caire.


Mathilde Mathilde Bauwin, Responsable - Gestion des connaissances - ADA (Luxembourg)

Mathilde Bauwin est responsable de la collecte, de la création et de la gestion des connaissances sur plusieurs sujets, tels que la performance sociale, la microfinance verte, la finance alternative pour les micro et petits entrepreneurs, etc. Elle travaille également sur l'évaluation des projets, sur la conception et la mise en place d'un système de mesure d'impact au sein de ADA. En tant qu'auditrice qualifiée SPI4, elle évalue la gestion de la performance sociale de certains partenaires de ADA.

Avant de rejoindre ADA en 2017, elle a travaillé à l'ONG française ADICE en tant que chargée de projet axée sur l'insertion socioprofessionnelle des jeunes défavorisés, puis à l'institution de microfinance tunisienne Enda *Inter-Arabe en tant que chargée de recherche.

Elle est titulaire d'un doctorat en économie et de deux masters en sciences politiques et en économie du développement.


jurgen Jurgen Hammer, Directeur général- SPTF- Europe (Luxembourg)

Jurgen Hammer est directeur général de la partie Europe de la SPTF (Social Performance Task Force), le réseau mondial et global de la finance inclusive qui s’engage avec ses membres à élaborer et promouvoir des normes et des bonnes pratiques en matière de gestion des performances sociales et environnementales, afin de rendre les services financiers plus responsables et plus adaptés aux clients.

De 2008 à 2018 Jurgen était Directeur des Risques et de la Performance Sociale de la Fondation Grameen Crédit Agricole (GCAF), investisseur social dans la finance inclusive et des entreprises du “Social Business”. L’engagement de Jurgen dans le secteur de la microfinance et la finance inclusive débute en 2006, quand il rejoint EFSE (European Fund for South East Europe), fonds d’investissement pour les Balkans. Avant de rentrer à Paris en 2008 pour la création et le lancement de la Fondation Grameen Crédit Agricole, il dirige pendant 1 an le programme d'assistance technique de JAIDA, un fonds structuré pour le financement et le soutien technique aux Associations de Microfinance au Maroc. Jurgen a poursuivi son implication au Maroc, en tant que membre indépendant du Conseil d'Administration de JAIDA, jusqu'en 2016. Il est également membre du Conseil d'Administration de ACAD Finance, IMF rurale de Palestine.

Jurgen a plus de 15 ans d'expérience en banque de financements et d'investissement chez Deutsche Bank, en tant que Senior Banker à Banco Santander et en tant que co-responsable « fixed income » et des titrisations marchés émergents au Crédit Lyonnais/ CALYON (aujourd'hui CACIB), travaillant avec des souverains, des institutions financières et des entreprises en Europe de l'Est, en Afrique et au Moyen-Orient. Jürgen est titulaire d'un MBA en Commerce International de la City University New York-Baruch et d'une Maîtrise en Économie Appliquée de l'Université de Paris, Dauphine.


Modération :

Perrine

 

Perrine Pouget, Chargée de responsabilité sociale et environnementale - BEI (Luxembourg)

Perrine Pouget a près de 20 ans d'expérience dans la finance inclusive, tant dans les pays émergents qu'en Europe. Elle a débuté sa carrière chez ADA en tant que chargée de programme puis chez Microrate en tant qu'analyste de la notation sociale et institutionnelle. Depuis 2009, elle s’est spécialisée dans l’investissement en finance inclusive et en entrepreneuriat social tout d’abord à la Banque européenne d'investissement (BEI)  puis au Fonds Européen d’Investissement (FEI) en tant que chargée d’investissement. Elle vient de rejoindre le département de responsabilité sociale d'entreprise de la BEI et travaille sur des sujets liés à la gestion et au reporting sur l'empreinte carbone et environnementale du groupe BEI. 
Elle est entre autres titulaire d’un master en gestion et finance d’Audencia Nantes business school, du certificat CFA en ESG Investing, ainsi que du certificat en développement durable et innovation sociale de l’Université de Luxembourg. 


Mot de bienvenue : 

T Feltgen

 

Thierry Feltgen, Responsable de la stratégie et de la gestion de l'ISR - BLI - Banque de Luxembourg Investments (Luxembourg)
 

Le Midi de la microfinance, une table ronde sur divers sujets liés à la finance inclusive avec une session de questions-réponses, suivie d'un déjeuner, se tient à l'heure du déjeuner de 12h00 à 14h00.

 


Le Midi est organisé par ADA avec le soutien de la Direction luxembourgeoise de la coopération au développement et de l'action humanitaire, en partenariat avec Inclusive Finance Network of Luxembourg et en collaboration avec la Banque de Luxembourg.

 

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Depuis 2006, l'organisation partenaire BRS organise également les sessions consacrées à la microfinance à Bruxelles. Une vingtaine de sessions ont eu lieu jusqu'à présent. Pour plus d'informations rendez vous sur le site de Microfinance Lunch Break.