La FUCEC développe une approche de financement innovante pour répondre aux besoins des acteurs des chaînes de valeur agricoles au Togo 

28 mars 2024
Homme tenant une cabosse de cacao

©Marbos Productions

L’agriculture au Togo : un secteur peu productif en manque de financements 

Au Togo, l'agriculture occupe une place importante de l'économie. Pourtant, le secteur manque de financements, car il est perçu comme risqué et l’offre de services financiers adaptés au secteur agricole reste peu développée. La majorité de la production agricole est destinée à l’autoconsommation avec un niveau de productivité faible. De plus, les producteurs agricoles peinent à trouver un marché rentable pour vendre leurs produits. 

Pour faire face à ces défis, ADA a accompagné la Faîtière des Unités Coopératives d’Épargne et de Crédit du Togo (FUCEC), qui est la plus grande institution de microfinance du pays, à développer des services financiers adaptés spécifiquement aux activités agricoles (production, transformation, stockage, commercialisation), à renforcer les capacités de son personnel existant en gestion des risques liés au financement de chaînes de valeurs agricoles et à renforcer ses effectifs avec des agents de crédit dotés de compétences agronomiques. 

Un contrat tripartite pour améliorer la productivité et garantir l’accès aux marchés 

La FUCEC a mis en place plusieurs solutions pour renforcer le secteur agricole. L’une des solutions phares est le mécanisme de contrat tripartite. Grâce à l’accompagnement reçu par ADA, la FUCEC a pu développer un mécanisme de financement innovant des chaînes de valeur, en particulier du cacao, du soja, de l’ananas et des produits horticoles. Ce mécanisme repose sur la base d’un contrat tripartite qui implique la FUCEC en tant que financeur, les producteurs et les acheteurs (ou agrégateurs) et qui établit clairement les responsabilités de chaque intervenant. 

D’une part, l’acheteur joue un rôle primordial dans ce mécanisme puisqu’il s’engage : i) à fournir aux producteurs l’appui technique pour produire plus et mieux afin de satisfaire le besoin en matières premières de l’acheteur ; et (ii), à acheter ces produits.  

D’autre part, la FUCEC finance les crédits aux producteurs pour pouvoir produire (intrants, semis, sarclage, récolte). Dans quelques cas, elle finance les crédits de campagne aux acheteurs pendant la récolte afin qu’ils aient la trésorerie nécessaire pour acheter cette récolte aux producteurs. Tout cela permet à la FUCEC de réduire les risques de non-remboursement du crédit, puisqu’elle assure aux producteurs un revenu issu de la vente de la récolte pour rembourser. 

Enfin, le producteur a accès aux moyens de production et est assuré d’accéder au marché pour écouler sa production, qui plus est à un tarif équitable convenu à l’avance avec l’acheteur par le biais du contrat. 

Cette approche holistique contribue à faciliter l’accès au financement des petits producteurs togolais et favorise de ce fait l’inclusion financière dans le pays, améliorant les conditions de vie de plus 8 000 de petits exploitants agricoles en 2022. 

Les leçons apprises du projet 

Fort de cette expérience, ADA a tiré les leçons du projet. Parmi ces leçons, on observe que l’approche centrée sur les clients se révèle être un facteur clé de succès en matière de finance agricole. La FUCEC a en effet pris soin d’impliquer activement ses clients à chaque étape du processus de développement de produits agricoles, afin d’adapter au mieux les produits à leurs besoins. 

Jean Yao Assogba, Chef de service « Appui au secteur agricole », FUCEC Togo :

« Le secret de notre succès : l’adaptation du service au besoin de nos clients et le suivi. Les institutions financières ont toujours tendance à voir le secteur agricole comme un secteur très risqué. Mais nous avons constaté que dans près de 80% - 90% des cas, les causes du non-remboursement sont liées à un problème d’adaptabilité, de l’analyse et du suivi des demandes. » 

Par ailleurs, organiser des échanges réguliers entre les acteurs des chaînes de valeur et les financeurs participe au succès de tels mécanismes tripartites. Désormais, la FUCEC organise chaque année une rencontre entre tous les acteurs agricoles (producteurs, agrégateurs) afin d’évaluer l’année écoulée, d’identifier les succès mais aussi les exigences auxquelles la FUCEC n’a pas pu répondre. Ces échanges permettent d’établir un climat de confiance entre les différentes parties prenantes, de mieux comprendre les perspectives et besoins de chacun et d’identifier les actions et services pertinents à mettre en place. 

Nadia Ouriemchi, Chargée du projet, ADA Luxembourg : 

« La FUCEC a réussi à accomplir un véritable succès dans la standardisation et l’expansion de cette approche à grande échelle. Elle se démarque par le nombre de petits exploitants accompagnés, financés et ayant eu un accès au marché sécurisé pour leur produits. Ceci a été rendu possible par la mise en œuvre d’une approche de financement de chaîne de valeur agricole qui repose sur l’établissement de relations de confiance et de partenariats gagnants-gagnants entre les divers intervenants. » 

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Découvrez en vidéo le mécanisme de financement de la FUCEC pour la chaîne de valeur de l'ananas :